Une brève explication de comment m’est venu à l’idée d’aller voir et manger des pommes de terre aux quatre coins de l’Europe.
A brief explanation on how the idea of traveling to see and eat potatoes all around Europe came to life. Scroll down for the English version.
Attendez-vous à avoir faim.
Que nos préférées soient en tortilla et comme patatas fritas en Espagne, en Knödel en Allemagne, dans la soupe en Autriche et accompagnées de saumon en Finlande, en purée avec des meatballs en Suède, cuisinées en gratin à la hongroise, dans les Rösti d’Alsace, des gnocchis venus d’Italie, transformée en vodka polonaise, faites en frites en Belgique, avec du poisson frit au Royaume-Uni, farcies en Roumanie, en knedliky en République Tchèque, en stamppot hollandais, devenues lokše en Slovaquie, ou que sais-je, on aime tous la pomme de terre. Patate pour les intimes.
La réflexion autour de la pomme de terre s’inscrit dans un schéma bien plus complexe qu’un simple tour d’Europe de la patate.
Alors que l’on se critique à longueur de journée, que l’on entend autant dans la rue qu’à la télévision, taper sur nos voisins européens, ceux avec qui on n’aurait « rien en commun » alors pourquoi donc partager ? L’idée même de la solidarité européenne semble remise en question. Plus encore en période d’élections européennes, de départ du Royaume-Uni, ou encore de négociation du prochain cadre financier pluri-annuel (CFP) de l’Union européenne.
Le stress de la Politique agricole commune

Au centre du débat du prochain CFP se trouve une fois de plus la négociation du futur budget de la Politique agricole commune. Il s’agit de la plus grande part du budget de l’organisation et pourtant, est-elle toujours aussi nécessaire ?
Faut-il la concentrer sur l’agriculture biologique ? Créer une prime pour les agriculteurs innovants, des dédommagements causés par le dérèglement climatique ? Doit-elle être supprimée ? Devons-nous fermer les frontières, arrêter les accords de libre-échange pour favoriser la consommation locale ? Mais alors, serions nous capables de subvenir à nos besoins alimentaires en ne produisant que sur le territoire national ? Et sur le territoire de l’Union uniquement ? Comment allons nous nourrir l’humanité entière, alors qu’une partie du monde meurt de faim et l’autre gaspille outrageusement ?
Tant de sensibilités à prendre en compte qui prouvent, une fois de plus, que l’agriculture n’est pas un secteur économique comme les autres. Il s’agit d’une partie importante de notre identité culturelle. C’est une solidarité qui nous rapproche, en tant qu’Européens, depuis 1962. C’est la base de notre alimentation, de notre quotidien, de nos besoins. C’est l’image que l’on a tous des dîners, autour desquels la diplomatie, les alliances se créent et les guerres se forment depuis des siècles. Mais aussi des disputes qui éclatent en repas de famille. Et puis, manger, ça rapproche les peuples. Qui, en Erasmus, n’a pas fait de repas international et appris de nouvelles recettes devenues ses préférées ?
Alors on fait quoi ?

Il faut donc faire un tour de l’agriculture européenne pour se rendre compte de nos richesses, de nos compétences et de nos ressemblances. Mais ça aurait été bien trop compliqué en un mois. Alors concentrons nous sur un aliment qui fait l’unanimité dans toute l’Europe. Pas le pain, le café, la carotte ou encore le chocolat mais bien la pomme de terre ! J’entends encore mes grand-parents chanter ses louanges, de ce légume emblématique de la guerre, autant qu’il l’est aujourd’hui dans tous les fast foods d’Europe. Quel meilleur aliment que la patate pour prouver de notre unité dans la diversité, je vous le demande ?
Ce que je vous propose
Ce que je vous propose c’est donc de partir à la rencontre d’Européens, dans une dizaine de pays de l’Union, qui nous présenterons leurs spécialités culinaires nationales, toutes à base de pomme de terre. L’objectif : en apprendre plus sur l’autre, découvrir des cultures, faire des rencontres, enfin partager l’Europe dans son quotidien.
Sur ce, je vous laisse, je retourne à mes patates.
Careful, you might get hungry real quick
Whether our favourites are the tortilla and patatas fritas in Spain, in Knödel in Germany, salmon soup or Christmas casserole in Finland, mashed with meatballs in Sweden, cooked as Hungarian gratin, Rosti in Alsace, gnocchi or on a bianca di patate in Italy, transformed into Polish vodka, made into French fries in Belgium, with fish, as crisps or in sherperd’s pies in the United Kingdom, in the Irish colcannon, stuffed in Romania, as knedliky in the Czech Republic, in a Dutch stamppot, alone in Austrian soup, become bryndzové halusky or lokše in Slovakia, caramelized Danish style, Sloveniany fried, or whatever, we all love potatoes.
The reflection on the potato is part of a much more complex scheme than a simple European tour of the potato.
While we criticize each other all day long, while we hear as much on the street as on television that we and our European neighbours have « nothing in common », why would we all wanna share a common future? The very idea of European solidarity seems to be called into question. Even more so in times of uncertainty, with the European elections, the departure of the United Kingdom, or around the negotiation of the European Union’s next multiannual financial framework.
The stress around the Common agricultural policy

At the heart of the debate is once again the negotiation of the future budget for the common agricultural policy. This is the largest part of the organization’s budget and yet is it still necessary?
Should it be focused on organic farming? Shall a bonus for innovative farmers created, compensation for climate change effects on production? Should it be deleted? Should we close borders, stop free trade agreements in order to promote local production? But then, would we be able to meet our needs by producing only on national territory? What about only on the territory of the Union? How will we manage to feed the entire planet, while one part of the world is starving and the other is outrageously wasting?
So many sensibilities to be taken into account prove, once again, that agriculture is not an economic sector like any other. It is an important part of our cultural identity. It is a solidarity that has brought us Europeans closer together since 1962. It is the basis of our diet, our daily lives and our needs. It is the image we all have of dinners, around which diplomacy, alliances are created and wars have been declared for centuries. But it also is the fights that break out at family dinners. Eating brings people closer together. Who, in Erasmus, has not participated in an international meal and learned new recipes that have become their favourite?
What to do then?

We must therefore take a look at European agriculture to become aware of our wealth, skills and similarities. But it would have been far too complicated to write a story on that in just a month. So let us focus on a food that is unanimously loved throughout Europe. Not bread, coffee, carrots or chocolate but potatoes! I still hear my grandparents singing his praises for this emblematic vegetable of war, as much as it is today in all the fast foods of Europe. What’s better than potatoes to prove our unity in diversity, I ask you?
My idea
I am therefore going to meet Europeans, in about ten countries around the Union, who will talk about how they feel about potatoes, agriculture and how the EU is involved in all of that. The aim: learn more about each other, discover cultures, meet people, finally share the Europeans’ daily life.
On that note, I gotta go back to my potatoes.